29
juillet
2014

Les RERS ?

 

Qu'est-ce qu'un Réseau d'Echanges Réciproques  de Savoirs ?

 

C'est un projet collectif porté par des citoyens et citoyennes, pour que tous les savoirs soient partagés et que toute personne qui accepte de partager ses savoirs accepte aussi d'apprendre des autres.

C'est un projet de mise en circulation des savoirs où chaque participant choisit à la fois d'offrir et de demander des savoirs qu'il a construits tout au cours de sa vie professionnelle, personnelle, militante, associative, familiale, etc...

 

Comment cela fonctionne-t-il ?

1. On propose des rencontres collectives pour que chacun réfléchisse à ce qu’il sait, à ce qu’il a appris et à ce qu’il aimerait apprendre. Ces rencontres sont très utiles pour développer la conscience de ce que l’on sait. En effet, en entendant les autres dire ce qu’ils savent et ce qu’ils aimeraient apprendre, chacun développe la conscience de ses propres savoirs et de ses besoins d’apprendre.

2. Une équipe d’animation organise des tableaux d’affichage des offres et demandes, diffuse les offres et demandes existantes. Cela aide aussi chacun de ceux qui sont intéressés par le réseau à dire ses propres offres et demandes.

3. Lorsque des offres et demandes pourraient correspondre, l’équipe d’animation du réseau met en relation les offreurs et demandeurs. Un membre de l’équipe d’animation est toujours présent lors de ces mises en relations. Il veille à ce que les offreurs et demandeurs s’écoutent bien dans leurs attentes respectives. Pendant cette mise en relations, les offreurs et les demandeurs décident ensemble des contenus, des méthodes qu’ils vont utiliser, des formes d’évaluation des apprentissages ainsi que des jours, heures, lieux et fréquence de leurs rencontres. Les échanges ne commencent jamais ce jour-là. Les partenaires de l’échange prennent un rendez-vous pour leur première séance de travail. Cela leur laisse le temps et la possibilité, avant le premier échange, d’être sûrs qu’ils veulent s’engager dans cette démarche.

4. L’équipe d’animation organise des échanges sur les échanges. Cela permet de réfléchir sur les savoirs, les méthodes, le déroulement des apprentissages. Cela permet aussi de rencontrer des participants qui font d’autres apprentissages et de découvrir la richesse du réseau. Nous avons vu des enfants de cours préparatoire capables d’analyser comment un autre élève leur a « enseigné » et comment ils s’y sont pris eux-mêmes pour enseigner et apprendre.

 

Les dimensions du réseau

Il s’agit d’abord des savoirs :

Tous les savoirs sont de droit pour tous et la diversité des savoirs est une richesse et une chance. Nous refusons, dans le réseau, de hiérarchiser les savoirs. Pourquoi ? Parce qu’ils résultent d’histoires personnelles, de cultures différentes, parcours d’apprentissages différents. Mais encore parce tous les savoirs peuvent être des étapes vers d’autres savoirs. Et parce qu’ils permettent de créer de vraies rencontres, de belles relations.

Il s’agit de réciprocité :

  • Donner et recevoir sont un droit pour chacun. Chacun a le droit de vivre le bonheur de donner des savoirs à d’autres, de recevoir des savoirs des autres. Il nous semble essentiel que chaque personne se sache attendu pour ce qu’elle peut apporter dans sa société.
  • La formation réciproque se fonde sur un principe d’égalité : chacun est à la fois celui qui sait et celui qui ne sait pas ; celui qui offre et celui qui reçoit.
  • Lorsqu’on transmet son savoir, on recommence ou on continue à apprendre, on l’enrichit, on le développe.
  • Une des dimensions intéressantes de ces réseaux est que tous sont invités à les construire, à les ouvrir, à les animer. Ce sont les offreurs et demandeurs qui construisent ensemble leurs façons d’apprendre. C’est, du moins, ce que l’on essaie de faire. Et c’est difficile !

 

Cela s’organise en réseaux ouverts

Une personne enseigne à une autre ; une autre, à trois demandeurs ; une autre encore, à un groupe de douze ; deux offreurs accompagnent un demandeur dans son apprentissage de la lecture, etc.

Ce sont bien les offres et demandes et les réponses qui leur sont apportées qui créent un réseau ouvert.


Réciprocité :

Cette réciprocité a plusieurs dimensions :

  • C'est une réciprocité instauratrice de parité : tous offreurs et demandeurs. Cette parité relationnelle est nécessaire pour l'apprentissage.
  • C'est une réciprocité coopérative : on construit, lors des mises en relations et des échanges sur les échanges, ensemble et coopérativement, le système de formation qui nous convient : contenus, méthodes, évaluations, modalités pratiques...
  • C'est une réciprocité des rôles : en vivant les deux rôles, on réinterroge notre propre façon de vivre chacun d'eux et on apprend à apprendre (dans le sens apprendre "à" et apprendre "de").
  • C'est une réciprocité coopérative : on construit, lors des mises en relations et des échanges sur les échanges, ensemble et coopérativement, le système de formation qui nous convient : contenus, méthodes, évaluations, modalités pratiques...
  • C'est une réciprocité formatrice. En offrant ses savoirs, on apprend à au moins trois moments : en préparant l'offre, on refait le parcours de ses apprentissages, on réactualise ses savoirs, on les réorganise, on les rationalise ; en transmettant, on reformule, on réagit à ce que vit l'apprenant, et on retravaille donc ses savoirs ; on répondant aux questions du ou des apprenants, on regarde ses propres savoirs "d'ailleurs" et on peut les réinterroger ou les compléter.
  • C'est une réciprocité des dons, chacun étant invité à donner ses savoirs et à recevoir des savoirs. Le don crée ainsi de la valeur humaine, des relations de reconnaissance réciproque. Il affirme le droit, pour chacun, d'apporter sa contribution positive au Bien commun.

Plus d'infos : http://rers-asso.org/index.htm


Article mis en page pour Uto'Pistes par : MikA Mot(s) Clé(s) Agir - Autrement - Echange - Réciprocité - Réseau - Savoirs

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