11
février
2013

Le Plan Economie

 LE PLAN ÉCONOMIE

GRANDE DIRECTION A 50 ANS

Une économie remise à sa place : au service de l'intérêt général, c'est à dire à la fois du bien-être, de l'autonomie et de la liberté des êtres humains et de la restauration des écosystèmes.

AXE #1 Localiser / Décentraliser

Développer des économies locales interconnectées, qui fonctionnent comme des écosystèmes vivants.
Décentraliser le pouvoir économique et financier.

AXE #2 Libérer / Diversifier la monnaie

Ramener l'argent dans l'économie réelle, au service de la création et des échanges. Pour cela, rendre
la souveraineté monétaire aux parties prenantes de nos économies : citoyens, organisations marchandes ou non, collectivités…

AXE #3 Réinventer / Réorienter la fiscalité

Par une simplification et une réelle progressivité de la fiscalité, sortir de la spirale croissante des inégalités de revenus et patrimoines. Pour permettre l'émergence rapide d'une économie soutenable, réintégrer dans le prix des biens et des services leurs coûts sociaux et environnementaux et, inversement, réduire la fiscalité des productions qui respectent les humains et protègent la nature.

AXE #4 Protéger / Prendre soin des biens communs

Empêcher une appropriation commerciale des biens communs de l'humanité et rendre leur utilisation équitable, respectueuse de leur rythme de reconstitution et des grands équilibres naturels.

AXE #5 Développer les entreprises et les activités du XXIe siècle

Soutenir, créer et relier les activités utiles à nos sociétés sur les plans écologique, économique et social.
À partir d'elles, construire les modèles économiques viables et innovants de demain.

LEVIER

Actions des élus nationaux et européens

  • Pour libérer durablement les acteurs économiques (ménages, entreprises et collectivités publiques) de la spirale de l'endettement, établir que les acteurs économiques, privés et publics, de nos territoires de vie soient impérativement associés à la gouvernance de la création monétaire. Modifier à terme l'article 123 du Traité de Lisbonne, et dès maintenant réduire la « vieille dette » des Etats en la refinançant à un taux proche de zéro1.
  • Pour maîtriser les risques systémiques des produits financiers spéculatifs, aux effets destructeurs de valeur économique, sociale et environnementale, séparer les banques de dépôt des banques d'investissement et faciliter la création de banques territoriales focalisées sur le service de leur territoire.
  • Pour diminuer très fortement les dettes et les intérêts que le financement d'opérations spéculatives génère dans nos économies, interdire le recours au crédit pour ce type d'activités ; en outre, réduire de façon significative le taux d'intérêt des crédits accordés aux acteurs qui promeuvent un développement soutenable et une plus grande cohésion sociale. Par cette réduction massive de la part des frais financiers dans la structure de coût des produits, faciliter la reconstitution progressive de la capacité d'autofinancement de ces acteurs.
  • Orienter massivement l'épargne vers les investissements nécessaires aux transformations sociétales (réduction du gaspillage et de la dépendance énergétiques en particulier dans la construction/rénovation, Systèmes Locaux de Nourriture, médias locaux indépendants, économie circulaire, consommation collaborative, etc.).
  • Pour apporter durablement les garanties publiques nécessaires à une économie respectueuse des humains et de la nature, mettre fin à la baisse continue des recettes fiscales de nos collectivités, à l'évasion fiscale et au dumping social. Pour cela, établir régulation et transparence effective des marchés financiers. Créer une taxe sur les transactions financières ; boycotter les entreprises qui mettent leurs bénéfices à l'abri dans les enfers2 fiscaux. Remettre la finance au service de l'économie réelle permettra de mettre fin au dumping fiscal et de rétablir une fiscalité saine et équilibrée.
  • Pour en finir avec le dumping social et environnemental d'une façon juste et pragmatique, réintégrer dans le prix de vente des biens et services les externalités sociales et environnementales actuellement non prises en compte. Pour ce faire, établir aux frontières de l'Union européenne une contribution universelle destinée à financer le modèle social et environnemental dans les pays concernés, y compris ceux qui sont aujourd'hui amenés à pratiquer le dumping social et environnemental, celle-ci permettra de sortir par le haut du déséquilibre actuel, en établissant partout des conditions de production de qualité aux plans social et environnemental. La gestion de cette contribution sera décentralisée à l'échelle des territoires, où elle sera orientée par un Conseil Economique, Social et Environnemental-CESE territorial associant l'ensemble des parties prenantes (citoyens, collectivités, organisations marchandes ou non, partenaires financiers).
  • Pour assurer la cohésion sociale et le développement durable des entreprises, inverser l'érosion continue de la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises3. Dans le cadre de la préparation de toute politique ou décision, étudier systématiquement (en partenariat avec leurs organisations représentatives) l'impact prévisible des mesures envisagées sur l'activité des entreprises locales.
  • Pour préserver et permettre le renouvellement des biens communs de l'humanité (énergie, eau, terres, semences, etc.) tout en garantissant leur accessibilité par tous, les recenser puis interdire leur privatisation et la spéculation sur leur prix. Enfin, les gérer de façon à respecter leur rythme de reconstitution et éviter tout impact négatif des prélèvements opérés sur les grands équilibres naturels. Dans le respect du principe de subsidiarité, confier cette mission, à chaque échelle de territoire (du local au mondial), aux parties prenantes réunies au sein d'un CESE.
  • Pour financer les activités de préservation et de restauration de ces biens communs tout en décourageant celles qui aujourd'hui les détruisent, réintégrer - par une refonte de la fiscalité - les coûts environnementaux et sociaux dans le prix des produits et des services vendus, quelle que soit leur provenance géographique.
  • Pour anticiper, ajuster et réguler les activités marchandes, compléter le PIB par un (des) indicateur(s) rendant plus réellement compte de leur impact (positif ou négatif) sur la vie des humains et de la nature (Genuine progress indicator/ Indicateur de Progrès Véritable, etc.). Il importe en effet de garder à l'esprit que, si l'économie permet la création de richesse, sa finalité ultime est de satisfaire les besoins vitaux de l'ensemble des humains tout en préservant les conditions de possibilité de la vie sur Terre.
  • Pour renforcer la résilience de l'activité économique locale face aux aléas du système monétaire, faire des monnaies citoyennes locales un outil à part entière de nos politiques publiques. Notamment, les accepter en paiement d'au moins une partie des impôts, taxes, cotisations et services des institutions,entreprises et collectivités publiques.

Actions des élus locaux

  • Pour localiser les échanges économiques vitaux dans nos territoires de vie, créer des monnaies citoyennes locales (Ex : Sol-Violette à Toulouse) et partager leur gouvernance, au sein d'un organisme paritaire composé des parties prenantes de l'économie locale (citoyens, organisations marchandes ou non, partenaires financiers et collectivités territoriales).
  • Pour renforcer la circulation des richesses réelles entre ces acteurs économiques locaux, intégrer dans la passation des marchés publics des critères sociaux et environnementaux ; les concéder prioritairement à des prestataires acceptant d'être rémunérés au moins pour partie en monnaie citoyenne locale.
  • Pour un développement durable et résilient de nos territoires de vie, donner la priorité aux politiques et aux actions qui les renforcent, telles que la production locale de nourriture saine, l'investissement massif dans la sobriété et l'efficacité énergétique, ou la production locale d'énergie renouvelable ; organiser la filière écoconstruction ; favoriser l'usage de transports « doux » et les activités économes en énergies fossiles ; investir dans l'économie de l'intelligence et les activités de restauration de la nature (sol, eau, biodiversité, etc.) ; enfin, encourager l'investissement local, notamment en monnaie citoyenne, pour appuyer la création d'entreprises porteuses d'innovations favorisant une production soutenable sur chaque territoire.
  • Pour consolider la performance globale des entreprises du territoire (triple bénéfice économique, social et environnemental), favoriser, notamment par leur mise en réseau, la coopération et la synergie avec d'autres acteurs du territoire.

Actions des entrepreneurs

  • Pour augmenter la cohésion des équipes, la motivation, le bien-être au travail et, en fin de compte, la création durable de valeur pour toute l'économie locale, associer les parties prenantes de l'entreprise (clients, fournisseurs, salariés, actionnaires, environnement, collectivités locales et société civile) à la stratégie, aux objectifs et aux résultats de l'entreprise.
  • Pour rendre durable sa production et fidéliser des clients devenus plus conscients et sélectifs dans leurs achats, renforcer la performance globale de l'entreprise en intégrant, comme un investissement et non plus une charge, la Responsabilité Sociétale de l'Entreprise (RSE) au coeur de sa stratégie (triple résultat, méthodes telles que TNS, normes ISO 26 000, SD 21 000).
  • Pour s'adapter progressivement et sans à-coup aux marchés et aux normes de demain, devenir une entreprise "agile" en investissant dans une veille permanente des innovations techniques, sociales et environnementales permettant l'émergence des opportunités de changement ou d'affaires qui contribueront au dynamisme de l'économie du territoire (recherche de fournisseurs/partenaires/clients sur place, synergies à l'export, notamment entre grandes entreprises et sous-traitants locaux, etc.).
  • Pour diminuer la part, aujourd'hui croissante, des intérêts financiers dans la structure des coûts de production, diminuer le recours au crédit bancaire contre intérêts en créant ou en participant à des réseaux d'acteurs économiques locaux, privés et publics, de crédit mutuel ( Ex : le WIR en Suisse, le Nanto à Nantes.)
  • Pour accroître la coopération et partager les risques d'activités et d'investissement, s'associer avec d'autres entreprises du territoire, au sein de réseaux visant l'amélioration continue de la performance globale de leurs membres et le renforcement des solidarités et synergies entre acteurs du territoire (campagnes d'information en faveur de l'achat local, développement de filières économiques d'intérêt territorial, etc).
  • Pour s'assurer d'une demande solvable et stable à l'échelle d'un territoire, et donc moins soumise aux risques spéculatifs et aux aléas des marchés internationaux, construire avec les collectivités, entreprises et investisseurs locaux un réseau de coopération des entreprises ayant une démarche économique soutenable (ex : Slow Money). Egalement, initier ou se joindre à un réseau d'acteurs utilisant une monnaie citoyenne locale et accroître ses ventes et ses achats au sein de ce réseau.

Actions des citoyens

  • Pour faire baisser mon empreinte écologique, acheter prioritairement des produits locaux ou équitables, respectueux des humains et de la nature. Si le réseau de distribution n'existe pas, créer un groupement d'achat.
  • Pour développer dans nos territoires des activités et des entreprises dont la production devienne soutenable et socialement vertueuse, déplacer mon épargne de réseaux bancaires strictement commerciaux vers des réseaux bancaires qui réalisent des investissements éthiques et locaux.
  • Pour hisser mes comportements au niveau de mes valeurs sociales et environnementales, adopter progressivement des comportements plus résilients et moins consommateurs (occasion, troc, autoproduction, etc.).
  • Pour faire circuler la richesse réelle entre ceux qui contribuent à la produire dans le respect des humains et de la nature, adhérer, ou créer si elle n'existe pas encore, une monnaie citoyenne locale (Ex : Sol-Violette à Toulouse).
  • Pour localiser une production et la rendre durable et responsable, m'engager dans l'effort de performance globale de mon entreprise ou, quand cela n'est pas possible, envisager un changement d'emploi ou la création de ma propre activité (indépendante ou au sein d'une coopérative).

Notes

 1. Comme le propose le collectif Roosevelt2012.
 2. Ces "paradis" nʼen sont que pour les évadés fiscaux, dont lʼincivilité nuit au bien commun.
 3. En effet, elle nʼa cessé de se dégrader depuis 30 ans, au bénéfice de celle du capital.


Source : Mouvement Colibri

Article mis en page pour Uto'Pistes par : MikA Mot(s) Clé(s) Agir - Autrement - Changement - Conscience - Mouvement Colibri

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