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24
février
2013

La Permaculture

Origine et histoire :

Dans les années 70, deux écologistes australiens, Bill Mollisonet David Holmgren, se mirent à concevoir des idées qui pourraient être utilisées pour créer des systèmes agricoles stables, en réponse au développement rapide des techniques agricoles destructrices de l’après-guerre qui empoisonnaient les terres et les rivières, réduisaient la biodiversité et appauvrissaient la fertilité des sols.

Ils furent fortement inspirés par la pratique de l’ agriculture naturelle telle que développée au Japon par Masanobu Fukuoka et c’est cette vision systémique orientale qui, en épousant l’ approche cartésienne plus occidentale, donna naissance à une méthode globale de « design » dénommée « permaculture ».

Bill Mollison et David Holmgren en exposèrent les principes et la philosophie sous-jacente dans leur livre Permaculture One, en 1978.

Suite à cela, les deux auteurs précisèrent le concept au fil de leurs expériences de pratique, d’enseignement et de publications. À partir du début des années 1980, le concept avait évolué, et d’un système de design de systèmes agricoles, il était passé à un processus de design beaucoup plus général de création de sociétés humaines durables.

La permaculture est désormais reconnue mondialement, grâce à de nombreux projets concrets, associations locales et nationales, que ce soit dans les pays occidentaux (notamment anglo-saxons) ou dans les pays du sud.

 

L'éthique :

Au coeur de la pratique de la permaculture se trouve une éthique et un ensemble de valeurs fondamentales qui doivent gouverner l’action en permaculture, quelle que soit l’échelle d’application.

L’éthique de la permaculture peut se résumer ainsi :

  • Respecter la Terre – Comprendre que la Terre est source de vie et l’homme en est donc dépendant. L’homme se doit de vivre en harmonie avec elle pour leur destinée commune.
  • Respecter l’Homme – Comprendre la nature profonde de l’homme, dans son comportement individuel et collectif. Replacer l’humain au centre de toute les préoccupations et se poser sans cesse la question des conséquences humaines de chaque décision. Agir pour le bien de chaque être humain à commencer par soi.
  • Partager équitablement et créer l’abondance– S’assurer que les ressources de la planète augmentent au lieu de diminuer et qu’elles soient partagées équitablement et consommées raisonnablement.

 

Les principes : 

Une des innovations de la permaculture est d’apprécier l’efficacité et la productivité des écosystèmes naturels, par une observation attentive, et d’en dériver des principes directeurs universels pouvant nous aider dans nos actions.

Ces principes varient en fonction des permaculteurs et évoluent avec la compréhension des mécanismes en œuvre dans la nature.

Ils constituent une base qui forme un mode de pensée, une vision et une compréhension du monde que l’on peut avoir à un moment donné et qui accompagne le processus de design tout au long de sa création.

Plus ces principes sont intégrés, plus ils deviennent automatiques et font partie du mode de pensée et d’action. Ils font ainsi partie de notre culture, en nous faisant évoluer vers une « culture » permanente.

 

Les principes de Bill Mollison

Dans « Introduction to Permaculture » (1991), Bill Mollison a présenté les principes de conception suivants:

  • Emplacement relatif
    Le design consiste à placer chaque élément d’un système de façon à ce qu’il soit connecté de manière optimale aux autres éléments, c’est à dire là où ses besoins seront comblés et ses productions utilisées.
  • Chaque élément doit remplir plusieurs fonctions
    Avec de l’imagination et un placement adéquat, chaque élément d’un système peut avoir une multitudes d’utilisation.Une mare peut servir de récupération et de stockage d’eau, à produire des poissons et des plantes, à stocker la chaleur, à réfléchir la lumière du soleil, à fournir une protection aux canards …
  • Chaque fonction est assurée par plusieurs éléments
    La redondance est un gage de stabilité du système. Par exemple un chauffage solaire sera doublé d’un chauffage d’appoint comme un poele de masse.
  • Prévoir l’efficacité énergétique
    Les énergies internes et externes au système doivent être étudiées et gérées efficacement. Par exemple un vent froid venant d’une direction sera stoppé par une haie judicieusement placée. Sur le terrain, on placera les éléments suivant l’attention qu’ils requièrent, comme par exemple un potager au plus près de la maison.
  • Utilisation de ressources naturelles
    Les ressources d’origine industrielle consomme de l’énergie pour leur élaboration ou transport, et peuvent poser des problèmes de pollution. Les ressources naturelles et locales augmente l’indépendance tout en diminuant la facture écologique et énergétique. On peut par exemple utiliser des animaux en place des tracteurs, du compost plutôt que des engrais chimique, et plus généralement le soleil à la place des énergies fossiles.
  • Circulation d’énergie
    La permaculture privilégie le « recyclage » de l’énergie, de l’eau et des nutriments sur le site, pour préserver sa fertilité. Durant chaque cycle, la récupération, le stockage et l’utilisation maximale sont encouragés. Par exemple l’eau sera récupérée en altitude pour pouvoir la conduire par gravitation et l’utiliser dans des endroits en aval.
  • Effet de bordure
    Les bordures sont des zones à privilégier, car elles bénéficient des apports des systèmes qui les composent, et  possèdent des caractéristiques singulières supplémentaires.
  • Utilisation et accélération des successions écologiques.
  • Polyculture et diversité des espèces

Il existe aussi des principes d’attitude (des « mollisonismes ») :

  • Travailler avec la nature plutôt que contre elle
  • Faire le plus petit effort pour le plus grand changement
  • Le problème est la solution

 

Les principes de David Holmgren

Dans « Permaculture : Principles and Pathways Beyond Sustainability » (2002), David Holmgren a développé un ensemble de principes légèrement différents et parfois complémentaires. Vous pouvez les retrouver dans ce document gratuit au téléchargement: L’Essence de la Permaculture.

  • Appliquer l’autorégulation et accepter les rétroactions (feedback)
    Il faut décourager les activités inappropriées pour s’assurer que le système continue de fonctionner correctement.
  • Intercepter et stocker l’énergie
    En développant des systèmes qui collectent les ressources quand elles sont abondantes et que nous pouvons utiliser à besoin.
  • Utiliser et répondre de manière créative au changement
    On peut avoir un impact positif sur des changements inévitables en observant avec attention et en intervenant au bon moment.
  • Concevoir en passant des motifs généraux (structure) aux détails
    En prenant du recul on peut observer les motifs dans la nature et la société et les reproduire. Ils peuvent alors devenir la colonne vertébrale de nos designs et les détails mis en place à mesure que nous progressons.
  • Intégrer plutôt que séparer
    En mettant les bons éléments aux bons endroits, des relations se développent entre ces éléments et ils travaillent ensemble pour s’entraider.
  • Observer et interagir
    En prenant le temps de s’engager avec la nature on peut concevoir des solutions qui correspondent a la situation.
  • Obtenir un résultat
    S’assurer que l’on reçoit réellement des récompenses utiles pour le travail qui est fait.
  • Ne pas produire de déchets
    En trouvant une valeur à chaque ressource disponible et en les utilisant toutes, rien n’est un déchet.
  • Utiliser et valoriser la diversité
    La diversité réduit la vulnérabilité à une variété de menaces et tourne à son avantage la nature unique de l’environnement dans lequel il réside.
  • Utiliser et valoriser les ressources et les services
    Faire la meilleure utilisation de l’abondance de la nature pour réduire notre comportement consommateur et notre dépendance vis-à-vis des ressources non renouvelables.
  • Utiliser les bordures et valoriser le marginal
    L’interface entre deux choses est l’endroit ou les événements les plus intéressants se produisent. Ce sont souvent les éléments qui ont le plus de valeur, et qui sont les plus divers et productifs.
  • Utiliser des solutions petites et lentes
    Les systèmes lents et petits sont plus faciles à maintenir que les gros, en faisant un meilleur usage des ressources locales et en produisant des résultats durables.

Plus d'infos sur la permaculture : http://fr.ekopedia.org/Portail:Permaculture


 

Article mis en page pour Uto'Pistes par : MikA Mot(s) Clé(s) Agroécologie - Autrement - Jardin - Permaculture

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