06
octobre
2019

La CNV ?

cnv

 

La Communication NonViolente ou CNV est selon son créateur, Marshall B. Rosenberg, « Le langage et les interactions qui renforcent notre aptitude à donner avec bienveillance et à inspirer aux autres le désir d’en faire autant »

Nous avons tous expérimenté des manières joyeuses et authentiques d’être en relation avec nous-mêmes et avec les autres. Nous vivons également des situations moins satisfaisantes où nous sommes en conflit, où nous n’arrivons pas à nous exprimer clairement, où nous doutons de notre capacité à créer du lien et à trouver avec l’autre une relation harmonieuse et constructive. Le processus de la Communication NonViolente mis au point par Marshall B. Rosenberg, nous permet de :
- repérer ce qui, dans notre manière de penser et de communiquer, bloque et génère la violence ou, au contraire facilite la communication et désamorce les conflits
- développer nos capacités à clarifier ce que nous vivons et à exprimer des demandes claires
- apprendre à « décoder » l’agressivité de manière à rétablir ou instaurer un dialogue où chacun se sent reconnu La CNV propose une manière de communiquer simple et concrète par laquelle chacun prend soin de ses besoins et trouve aussi plaisir à satisfaire les besoins des autres. Elle réveille le plaisir naturel de coopérer, que ce soit en milieu professionnel, social ou familial.

La CNV nous aide à nous mettre en lien avec ce qui est vivant en nous et dans les autres, instant par instant ; avec ce que nous ou les autres pourrions faire pour nous rendre la vie plus belle, tout en ayant conscience de ce qui peut faire obstacle à notre façon naturelle de donner et de recevoir. La CNV nous invite à reconsidérer notre façon de nous exprimer, d’écouter et de résoudre les conflits, en plaçant notre conscience sur ce que nous observons, sur ce que nous ressentons, sur ce dont nous avons besoin et sur ce que nous demandons. Le langage de la Communication NonViolente éveille notre capacité à nous montrer empathiques et vrais, on l’appelle parfois « la langue du cœur ».

La CNV est plus qu’un processus ou un langage : c’est une invitation permanente à concentrer notre attention là où nous avons le plus de chances de trouver ce que nous recherchons. Grâce au processus enseigné dans la CNV, il devient possible de développer une attitude susceptible de faciliter le rétablissement d’une relation bienveillante envers nous-même, et envers autrui.

La Communication NonViolente est une démarche fondée sur la prise de conscience de ce qui facilite ou entrave la communication. Par l’apprentissage et l’intégration d’un processus qui permet de repérer et transformer ce qui suscite la violence, elle donne à chacun la possibilité de vivre des relations solidaires et épanouissantes. La CNV est un excellent moyen pour débroussailler une situation confuse, conflictuelle ou tout simplement douloureuse.


1ère étape : l’intention

Bien communiquer commence par une intention que l’on pose. C’est l’état d’esprit dans lequel on choisit de se positionner pour aborder l’échange. Lorsque l’on constate un comportement inapproprié de notre enfant, on peut choisir.

Choisir de se dire que cet enfant est un être merveilleux, qu’il n’a aucune mauvaise intention à notre égard. Son comportement est la solution qu’il a trouvée pour répondre à un de ses besoins. Ce n’est peut-être pas la meilleure à notre sens mais simplement une solution pour lui. On va donc choisir de poser vers cet enfant une intention positive.

Là encore, l’intention fait appel aux neurones miroir car l’enfant va sentir cette ouverture de cœur. Cette approche positive envers lui va « donner le ton » de l’échange. Ainsi il sera dans de bonnes dispositions d’écoute.

 

2ème étape : l’observation neutre des faits

La deuxième étape de la CNV est l’observation : on va observer l’enfant sans jugement, en notant uniquement les faits. Cette étape est importante car les faits sont neutres.

C’est donc quelque chose que l’enfant admet sans opposition. Si l’on reprend l’exemple précédent : « l’enfant manipule du papier et de l’eau ». Donc si on dit à l’enfant « je vois que tu » en énonçant les faits constatés, sans jugement de valeur, il ne se sentira pas attaqué personnellement. Il restera à l’écoute plutôt que passer en « mode défense ».

 

3ème étape : la verbalisation de ce que l’on ressent

Ensuite arrive la formulation du sentiment, la troisième étape de la CNV. Il s’agit d’exprimer le sentiment ressenti en se l’appropriant.

Pour cela, on va utiliser le « je » (« je suis content » ou « je suis en colère »). Cela va permettre à l’enfant de savoir que ce n’est pas de sa faute si je suis en colère. En effet, nous sommes seul responsable de nos émotions. Ce sentiment n’engage que moi, il n’est donc pas non plus contestable. Il ne constitue pas une agression ni un jugement, je parle de moi et de mon ressenti uniquement.

 

4ème étape : l’expression de notre besoin

La quatrième étape de la CNV est l’expression de notre besoin. Nous sommes des êtres de besoin, tout ce que l’on fait correspond à nos besoins. Toutes nos actions, nos pensées, nos émotions, tout notre être est lié à nos besoins. Si on ne les exprime pas, on prend le risque que l’autre en ait une mauvaise interprétation.

Que ce soit notre conjoint, notre enfant ou notre collègue, la personne va chercher à deviner notre réel besoin. Elle risque alors de mal l’identifier et vouloir combler un besoin qui n’est pas le bon. Cela va avoir pour effet d’envenimer la situation.

A l’opposé, lorsqu’on exprime clairement son besoin réel, on va encourager la coopération. Cela fonctionne tout particulièrement chez l’enfant.

Pour aider un enfant à formuler son besoin, je vous invite à lire l’article spécifiquement dédié aux besoins de l’enfant.

 

5ème étape : demander

La dernière étape de cette communication bienveillante est la formulation de la demande. Toujours dans notre exemple c’est dire à l’enfant « peux-tu enlever le papier mouillé des trous du lavabo et le jeter à la poubelle ? ».

La demande est différente d’une exigence. Lorsqu’on formule une exigence, on essaie d’exercer notre contrôle sur l’autre (j’ai la seule et unique solution, si tu ne fais pas ce que je demande tu auras des problèmes).  Exprimer une demande est différent car on doit être prêt à ce que l’autre n’y accède pas.

Dans ce cas, c’est peut-être que la solution qu’on a trouvée pour satisfaire nos besoins est en contradiction avec son besoin à lui. On pourra alors en discuter et voir quels sont mes besoins et ses besoins à lui.

Ensuite on pourra trouver une solution qui convienne aux deux. La demande est une proposition, le but étant de trouver un consensus. En effet lorsque l’on trouve une solution qui convient à tout le monde, elle est généralement durable.

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Pourquoi la communication bienveillante ?

 

L’incroyable plasticité neuronale

Dans le cerveau, plus précisément dans le cortex se trouvent des colonnes verticales et des modules verticaux. Ils sont chargés de transmettre l’information sensorielle et sont codés génétiquement. On y trouve également des connexions horizontales qui se créent avec les expériences, notre vécu.

A chaque passage d’information, on va générer une synthèse de protéine qui va coder notre réseau nerveux. C’est la plasticité neuronale, la capacité du cerveau à modifier sa propre structure.

Et les informations qui reviennent le plus souvent vont créer les chemins les plus gros pour faciliter l’influx nerveux. Donc si on génère souvent de la colère, le « chemin de la colère » va s’agrandir.

Si on utilise de la communication violente et agressive, des « autoroutes neuronales » de l’agressivité vont être créées. Notre cerveau va être enclin à emprunter ces voies plus grosses et faciles d’accès. Nous allons par conséquent chercher et appliquer de plus en plus souvent ce type de communication.

La colère génère des hormones de colère ainsi que de l’adrénaline. La peur génère de l’adrénaline et la joie, l’attachement et l’amour génèrent de l’ocytocine, l’hormone du bonheur.

Plus on génère d’ocytocine chez quelqu’un, plus il sera accro à l’ocytocine et plus il aura envie d’en donner. De la même façon, plus on génère d’adrénaline chez quelqu’un, plus il sera accro à l’adrénaline. Il aura là aussi plus envie d’en générer.

 

Un choix

Si on commence à parler avec violence à l’enfant, chez lui les chemins de l’hormone de la colère vont aussi s’agrandir. Donc il va chercher à répondre de plus en plus par la colère. On peut choisir de générer une autre hormone chez lui, c’est notre choix. Une fois adulte, l’enfant continuera de rechercher ce qu’il connait le mieux.

Il continuera à utiliser les autoroutes que le mode de communication de ses éducateurs aura créées dans son cerveau. Nous avons donc ce pouvoir, celui de choisir notre manière de réagir et de communiquer. Nous pouvons choisir quelles hormones nous souhaitons privilégier dans le cerveau de notre enfant.

Lorsque l’on choisit l’éducation positive pour nos enfants, il est tout naturel de changer également son mode de communication.

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Les trois avantages de la CNV

La CNV, la Communication Non Violente, est un formidable outil à utiliser avec les enfants. Mais elle est un formidable outil tout court. Se présenter avec une intention positive, énoncer les faits sans jugement.

Puis exprimer notre ressenti et notre besoin en utilisant le « je » puis faire une demande sans contraindre. Voici la recette d’une communication qui présente trois avantages.

Tout d’abord elle permet d’éviter à notre interlocuteur de se sentir agressé et d’être sur la défensive.

Ensuite elle nous permet à nous d’exprimer clairement nos attentes afin d’éviter tout malentendu.

Enfin elle incite l’autre à la coopération. Je t’invite à tester ce mode de communication. En effet s’il demande un peu d’effort de réflexion dans les premiers temps, il fait réellement des miracles pour pacifier les relations avec nos enfants !

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Source : divers sites sur internet

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Communiquer s’apprend. Parler de soi, réfléchir avant d’agir, accepter l’autre tel qu’il est et l’écouter avant qu’il parle sont autant de pistes pour poser les premières pierres d’une communication efficace.

 

communication non violente petite

 

Belle façon de présenter la CNV. La bienveillance ne se décrète pas et il est bon parfois de se transformer en girafe lorsqu'on entend des propos qui nous choquent ou nous blessent. A moins d'être bouddha, il est normal d'avoir une réaction interne et de ne pas immédiatement éprouver d'empathie pour leur auteur. Le fait de rétablir la communication en parlant de soi "J'aimais bien jouer..." sans proférer de jugement est un bon début et la demande me paraît bien formulée. Merci pour cette BD, elle me fait voir la CNV sous un jour plus abordable, moins "angélique", moins "parfaite", en bref plus humaine.

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Source de la BD Kaizen : https://kaizen-magazine.com/

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Article mis en page pour Uto'Pistes par : MikA