03
mars
2013

Dominé ?

 

 Dominant ou dos miné ?

L'homme désire plus vivement le pouvoir sur les autres
qu'il en a moins sur lui-même.


Il existe des dominants et des dominés dans les basses-cours, les cours d’écoles, dans les familles, comme dans les bureaux (indépendamment des hiérarchies officielles). La dominance – obtenir de quelqu’un qu’il fasse ce qu’on voudrait le voir faire – peut s’établir par la contrainte ou bien, le plus souvent, par la manipulation.

Dans cette relation de dominance, dominant et dominé trouvent, tous deux, leur compte. Il est, pour chacun, plus simple d’avoir à sa disposition un règlement de manoeuvre, un mode d’emploi, pour agir. Le dominant se rassure ainsi momentanément sur son pouvoir. Le dominé se sent protégé. Dominant et dominé, par leur angoisse respective, sont donc, chacun, entièrement responsable de cette relation. Que l’un des deux ne « marche » plus et la relation de dominance cesse.

Et comme la dominance ne fait pas disparaître l’angoisse – qui est d’un autre ordre –, la relation est appelée à se « durcir ». Le dominant devient arrogant, de plus en plus exigeant et violent, le dominé, lui, se sent coupable et devient de plus en plus craintif et soumis. Tyrans et foules soumises… – et, dans le même temps, tyrans et contre-tyrans. Les groupes sociaux fonctionnent sur le modèle de la dominance : États, gouvernements, partis politiques, églises, « écoles » philosophiques ou autres, médias, publicités, show-business, mais aussi associations – même de « solidarité » ou humanistes –, familles, consommation, écoles et autres éducations, couples... Toute organisation implique l’exercice du pouvoir.
Le fait que cette relation ait toujours existé au cours de l’histoire – voire ait causé des millions de morts – n’est pas suffisant pour qu’elle soit considérée innée, inévitable. En fait, le seul comportement "inné" semble être l'action gratifiante. La notion de territoire et de propriété – que l’on suppose en jeu dans la relation de dominance – n'est alors que secondaire à l'apprentissage de la gratification.

Si, d’autre part, Hubert Montagner a pu distinguer, dès la crèche, six profils : leaders, dominants agressifs, dominés agressifs, dominés craintifs, dominés, « isolés », il ne s’agit bien, ici et ailleurs, que de comportements – et non de personnalité ou de hiérarchie sociale. Or, mon comportement est une traduction, en actes, de mes représentations, et donc des influences diverses qui les ont construites. Mon comportement évolue tout seul, « naturellement », lorsque mes représentations évoluent.

Je pourrais donc vivre sans domination ni soumission ou, avec une domination et une soumission clairement acceptées, temporaires et circonscrites. Vivre hors des compétitions hiérarchiques, en autonomie par rapport à elles, semble la voie – déjà adoptée par beaucoup.

Pour cela, seule la conscience que je suis manipulé ou contraint m’est nécessaire. Les moyens de développer cette conscience existent. Il ne dépend donc que de moi de ne plus être dupe, exploité et heureux de l’être – car [même] la soumission peut s’accompagner d’un sentiment de liberté. Ou alors de l’être en pleine conscience, dans la seule mesure que je souhaite.

Je m’y mets tout de suite ? Sinon quand ?

Jean-Pierre Lepri


NB : La relation dominant-dominé – comme la relation d’amour et la relation éducative – sera évoquée lors de la 4e Rencontre du CREA de fin août, ayant pour thème général : Relations… et éducations-formations. Voir ci-dessous.


Source - Jean Pierre-Lepri : Voir son Site


Article mis en page pour Uto'Pistes par : MikA Mot(s) Clé(s) Changement - Conscience - Education - Enfants - Jean Pierre Lepri

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