17
mai
2013

Cercle de Parole


 

Les cercles de paroles, pratiques de développement personnel, avec ou sans enfants...

 

Cette notion aujourd’hui en vogue recouvre différentes pratiques plus ou moins codifiées (parler à son tour avec ou sans "bâton de parole" suffit parfois à ce que l’on parle de "cercle de parole"). Je clarifierai la vision du "cercle de développement affectif et social" avant d’entrer dans la description des apprentissages que les cercles de parole permettent.
 

 

Se sentir partie d’un tout :

La particularité de cette figure géométrique est que tous ses points se trouvent à égale distance du centre. Lorsque je prépare un cercle de parole, je dispose des chaises ou des coussins à égale distance du centre et les uns des autres. Si nécessaire, je demande à ce que les personnes ne déplacent pas les sièges. Lorsque les personnes s’installent, j’observe qui est tenté de les déplacer, en avant, en arrière, de côté.

« En tant que figure géométrique, le cercle a toujours eu un sens magique et, lorsque des personnes s’assoient en cercle, on y trouve une magie sociale. Les gens se sentent, physiquement, partie d’un ensemble ; ils se sentent plus proches et plus unis les uns des autres. » H. Bessell

 

Proposer des relations non-hiérarchiques :

Dans les cercles d’enfants, le cercle permet l’égalité entre adultes et enfants. Si plusieurs adultes sont présents dans le cercle, il est préférable qu’ils ne se placent pas les uns à côtés des autres car cela créerait une impression de sous-groupe dans le grand groupe.

« Ils se sentent plus égaux car la hiérarchie, qui s’exprime par des lignes droites et beaucoup d’espace, est détruite. Assis en cercle avec un adulte, ils sont flattés et reçoivent aussi une partie de son statut. La politesse et la courtoisie sont favorisées dans le cercle. » H. B.

 

Mise en place du cadre et de l’ambiance de sécurité affective :

Lorsque le groupe vient prendre place, les sièges sont déjà en place, il y a un pour chacun-e. Si le groupe est agité, je peux demander à chacun-e d’aller s’asseoir à son tour et de prendre le temps de se recentrer ; je peux aussi inventer une histoire, ritualiser le moment, etc... « L’animateur est toujours courtois, s’adresse aux enfants de manière polie, les remercie en les nommant. Les enfants vivent une expérience où ils se sentent réellement pris au sérieux en tant que personne et ils le sont. » H.B.

 

Le cadre et la puissance d’exister :

Enfin, je pose les quelques règles suivantes en fonction des occasions qui se présentent, et de ce qui se vit dans le cercle. Nous avons déjà parlé de l’instauration du cadre à propos du cercle :

  • Je ne parle que si je le désire (si je ne désire pas parler, je fais un signe au groupe) ;
  • Je m’exprime en mon nom propre ;
  • Les membres du groupe sont invités à montrer leur intérêt, leur compréhension (écoute) ;
  • Ce qui se dit ici est confidentiel. Si j’en reparle, c’est avec l’accord de l’autre (et des personnes concernées par ce dont je vais parler) ;
  • Quelqu’un qui ne veut pas participer à un cercle de parole ne vient pas.

Les règles font souvent peur... Mais à l’usage, on se rend compte de la grande liberté d’expression permise par cette structure : l’écoute y est soutenue mais légère (sans reformulations, centrages sur le contenu du discours, etc.). Pour amener un sujet, l’optique choisie est plutôt de proposer un thème ou un début de phrase.

« Les enfants veulent parler de leurs sentiments les uns envers les autres (...) Ils ont besoin de suggestions utiles pour rendre leur façon d’être plus acceptable socialement : ils peuvent se les donner, et ils veulent le faire pour ne pas demeurer préoccupés dans une solitude blessante. Ils sont donc bien reconnaissants à l’adulte qui fait le premier pas et qui rend possible l’expression de leurs préoccupations. »

 

Le bâton de parole :

Je n’utilise en général pas de bâton de parole. Si nous ne parvenons pas à prendre la parole un-e à un-e et à ne pas nous interrompre, je pose une règle :

  • « Nous allons parler chacun-e à notre tour et sans nous interrompre »
  • « J’écoute ce que dit X, puis je te donnerai la parole tout à l’heure, et je te demande de l’écouter ».

Si nous n’y parvenons pas nous pouvons décider d’employer un bâton (ou tout autre objet) de parole. Ce bâton est un symbole qui peut aider à structurer des apprentissages, mais il ne les remplace pas. Aussi il n’est pas utile (ni efficace) de l’utiliser de manière systématique. Dans la vie courante, nous utilisons rarement un tel objet ; alors, il vaut mieux savoir faire sans !

« Lorsque les enfants réalisent qu’on les prend au sérieux, ils portent plus d’attention à eux-mêmes et aux autres. Ils commencent à se percevoir les uns les autres d’une manière personnelle, à porter attention à leurs sentiments respectifs et, par conséquent, à se démontrer les uns aux autres une plus grande considération. » H.B.

 

Chloé Di Cintio (Association envie Enjeu)


Article mis en page pour Uto'Pistes par : MikA Mot(s) Clé(s) Autrement - Cercle de Parole - Conscience - Gouvernance Participative - Sociocratie

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